Revue d’Histoire de la Shoah. n° 209, 10/2018

L’historiographie allemande de la Shoah a fait de considérables avancées depuis les années 1970. La querelle des historiens, au milieu des années 1980, a d’ailleurs montré l’intensité du débat et l’importance des enjeux pour l’image que la nation allemande avait d’elle-même. Après la chute du Mur (novembre 1989) et la réunification opérée en octobre 1990, on assiste à une explosion de la recherche grâce, entre autres, à l’ouverture de nombreuses archives et à l’interrogation, à nouveaux frais, du passé de l’Allemagne, y compris de l’ex-RDA, deux générations après le crime perpétré par le régime national-socialiste.

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Le nouvel antisémitisme en France. Albin Michel, 2018

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, Sarah Halimi, une retraitée de 66 ans, ancienne directrice d’école maternelle, est battue à mort avant d’être défenestrée. Malgré des preuves flagrantes, il aura fallu près d’un an pour que la justice retienne le caractère antisémite de l’acte. Pire encore, ce crime a longtemps été occulté par les médias. Pourquoi ce silence ? Quelle est cette gêne pour nommer la nouvelle haine des Juifs en France ? D’où vient cette complaisance de la part de certains ?

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Georges Bensoussan. L’histoire confisquée de la destruction des Juifs d’Europe

Conseillé par Martine Querette et Laurent Bargas :
Des décennies durant, on a cru que la catastrophe juive délégitimerait pour toujours l’antisémitisme. Pourtant, dès 1946, des pogroms étaient perpétrés en Pologne et, en France, les années 2000 ont vu grandir un antisémitisme inédit depuis la guerre. Si le génocide a débordé depuis longtemps le cadre des communautés juives, jusqu’à devenir en Occident un événement culturel, ça et là apparaissent des critiques sur la place qu’il prend dans la mémoire collective.
Ce sentiment de saturation relève en réalité d’une société qui a fait du génocide un alpha et un oméga de la création : à l’inverse du but recherché, cette centralité mémorielle a fini par empêcher de penser le présent. La tragédie semble réduite à un slogan incolore, les « heures les plus sombres de notre histoire », qui nous fait oublier que ce présent est gros de tragédies nouvelles. Dans le même élan, l’histoire juive se trouve accaparée et accusée de masquer les autres récits, sans que personne n’ait au final tiré de leçons du passé.

Bensoussan, Georges. L’histoire confisquée de la destruction des Juifs d’Europe. Usages d’une tragédie. PUF, 2016. (Intervention philosophique). 9782130607106

« Nous n’irons pas voir Auschwitz ». Récit graphique de Jérémie Dres

« Auschwitz, cinq années d’anéantissement pour plus de mille ans de vie et d’histoire du peuple juif en Pologne. Un traumatisme encore si présent qu’il ferait oublier tout le reste. C’est le reste que je suis allé chercher. » Jérémie Dres
Préface de Jean-Yves Potel.
Cambourakis, 2011. 978-2-916589-76-3

Récit autobiographique : deux frères décident d’aller en Pologne après la mort de leur grand-mère. Elle leur disait « il n’y a plus de Juifs en Pologne », ils ont enquêté, rencontré des Juifs polonais ou non, des Polonais …

Très bon livre découvert à l’exposition du Mémorial de la Shoah : « Shoah et bande dessinée » qui est encore prolongée jusqu’au 7 janvier 2018.
Il parle de mémoire familiale et traite aussi de l’évolution du rapport des Polonais avec ce qui s’est passé dans leur pays

Essais historiques sur le nazisme et sa propagande

Trois suggestions de lecture :

Johann Chapoutot. La loi du sang - Penser et agir en nazi. Gallimard, 2014. (Bibliothèque des histoires). 9782070141937
Saul Friedländer. Réflexions sur le nazisme - Entretiens avec Stéphane Bou. Seuil, 2016. 9782021098563
Christian Ingrao. La promesse de l'Est - Espérance nazie et génocide, 1939-1943. Seuil, 2016. (L'Univers historique). 9782021332964