Georges Bensoussan. L’histoire confisquée de la destruction des Juifs d’Europe

Conseillé par Martine Querette et Laurent Bargas :
Des décennies durant, on a cru que la catastrophe juive délégitimerait pour toujours l’antisémitisme. Pourtant, dès 1946, des pogroms étaient perpétrés en Pologne et, en France, les années 2000 ont vu grandir un antisémitisme inédit depuis la guerre. Si le génocide a débordé depuis longtemps le cadre des communautés juives, jusqu’à devenir en Occident un événement culturel, ça et là apparaissent des critiques sur la place qu’il prend dans la mémoire collective.
Ce sentiment de saturation relève en réalité d’une société qui a fait du génocide un alpha et un oméga de la création : à l’inverse du but recherché, cette centralité mémorielle a fini par empêcher de penser le présent. La tragédie semble réduite à un slogan incolore, les « heures les plus sombres de notre histoire », qui nous fait oublier que ce présent est gros de tragédies nouvelles. Dans le même élan, l’histoire juive se trouve accaparée et accusée de masquer les autres récits, sans que personne n’ait au final tiré de leçons du passé.

Bensoussan, Georges. L’histoire confisquée de la destruction des Juifs d’Europe. Usages d’une tragédie. PUF, 2016. (Intervention philosophique). 9782130607106

Essais historiques sur le nazisme et sa propagande

Trois suggestions de lecture :

Johann Chapoutot. La loi du sang - Penser et agir en nazi. Gallimard, 2014. (Bibliothèque des histoires). 9782070141937
Saul Friedländer. Réflexions sur le nazisme - Entretiens avec Stéphane Bou. Seuil, 2016. 9782021098563
Christian Ingrao. La promesse de l'Est - Espérance nazie et génocide, 1939-1943. Seuil, 2016. (L'Univers historique). 9782021332964

Stéphane Audoin-Rouzeau. « Une initiation – Rwanda (1994-2016)

Stéphane Audoin-Rouzeau, historien spécialiste de la Première guerre mondiale raconte dans ce livre court mais fort sa confrontation avec ce qu’est un génocide :

« Après trois décennies d’un parcours de recherche entièrement consacré, dès l’origine, à la violence de guerre, un « objet » imprévu a coupé ma route. On aura compris qu’il s’agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois.
Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l’instant tout d’abord, dans l’après-coup ensuite, constitue l’axe du livre qui va suivre. Car l’objet qui a croisé ma route ne s’est pas contenté de m’arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. Présentation de l’éditeur.

Entretien avec l’auteur dans l’émission de France-Culture : Les discussions du soir avec Frédéric Worms du 6 février 2017

« Le Rapport Pilecki : déporté volontaire à Auschwitz 1940-1943 »

Couverture : le rapport PileckiRécit autobiographique d’un grand résistant polonais qui s’est volontairement fait enfermé dans Auschwitz pour pouvoir témoigner.
Pilecki, Witold. Le Rapport Pilecki.
Varsovie, 19 septembre 1940 : un officier de réserve polonais se fait volontairement arrêter lors d’une rafle par l’armée allemande. Son nom : Witold Pilecki. Sa mission : être interné dans le camp d’Auschwitz pour y constituer un réseau de résistance.
Un bon complément à ce que nous avons vu dans les pavillons polonais du musée d’Auschwitz I.
Conseillé par le Père Dujardin : juin 2014

 

Exposition au Mémorial de la Shoah – Femmes en résistance

Couverture BD Femmes en résistance t.4 CastermanDu mardi 8 mars 2016 au vendredi 30 septembre 2016, Mémorial de la Shoah

 La publication par les éditions Casterman de la série d’albums dédiée aux femmes résistantes pendant la Seconde Guerre mondiale, dont le dernier opus est consacré à la résistante française Mila Racine, est une double occasion : rendre hommage aux résistantes juives et saluer la vivacité de la création graphique et éditoriale de la bande dessinée historique.

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