Charte de préparation du Train de la mémoire

Pourquoi une charte de la préparation ?

L’expérience des premiers trains nous montre que l’accès à la réflexion sur la Shoah pour des jeunes mal préparés est très difficile : les lieux, en particulier le musée d’Auschwitz I, suscitent chez eux une très grande émotion, bien compréhensible d’ailleurs, mais qui tend à empêcher toute prise de distance nécessaire à l’analyse des faits et de leurs enchaînements. Or ce que nous cherchons tous en accompagnant ces jeunes est de les amener à une prise de conscience pour aujourd’hui, pour leurs engagements futurs dans leur vie d’adultes, prise de conscience qui risque de rester bien superficielle si elle ne s’appuie pas sur une réflexion approfondie et documentée.

Lancement de la démarche :

  • Les lycéens, volontaires bien sûr, en première ou terminale l’année du train, doivent être sollicités au plus tard au milieu de l’année scolaire précédente, pour laisser le temps de l’été à des lectures et à un approfondissement de la motivation.
  • La présentation du projet doit permettre d’insister sur sa visée éducative, il ne peut en aucun cas s’agir là d’un banal voyage de classe. Une lettre de motivation validera le désir de chacun de s’associer à la démarche.
  • La préparation pédagogique peut commencer par des visites ou des rencontres dès le dernier trimestre de l’année scolaire. Des lectures peuvent être proposées (ou imposées) aux jeunes pendant les vacances d’été.

A la rentrée :

Des entretiens avec chaque lycéen intéressé peuvent compléter les lettres de motivation, si nécessaire. Le temps de maturation des vacances peut permettre de préciser le degré d’implication de chacun.

Dans chaque établissement, l’équipe d’adultes responsables de la préparation (qui peut ne pas coïncider avec l’équipe accompagnatrice), doit s’assurer des connaissances des lycéens sur les sujets suivants, et faire en sorte sinon qu’ils les acquièrent :

  • Dans le domaine historique, le contexte, la description des lieux et ce qui s’y est passé. Pour cela, se référer à la bibliographie. Il est indispensable d’avoir au moins lu, parmi les témoignages de survivants, et à défaut de pouvoir en rencontrer, «La Nuit» d’Elie Wiesel et «Si c’est un homme» de Primo Levi.
  • Le judaïsme, son histoire et en particulier sa longue présence en Europe, le judaïsme aujourd’hui, l’antisémitisme et son évolution jusqu’à la «solution finale». Une idée pour cela, commencer la formation par une simple question : «Que savez-vous des Juifs ?», question qui, d’expérience, fait remonter, même dans des groupes d’adultes, beaucoup d’idées reçues que l’on peut ainsi déconstruire pour les remplacer par une vraie connaissance.
  • La Pologne, ce qui s’y est passé pendant la guerre et son évolution depuis.
  • Le génocide des Tziganes.

Les animations dans le train :

Elles sont d’une grande importance pour impliquer chaque jeune et favoriser la cohésion du groupe, tant celui qui prépare que le grand groupe du train.

Quelques grands thèmes déjà travaillés dans les expériences précédentes

  • La montée du nazisme en Allemagne
  • La répression antisémite et son évolution
  • Ce qui s’est passé en France, et en particulier dans les régions où sont implantés les lycéens
  • Les différents mouvements de résistance en Allemagne
  • Les arrestations et déportations
  • Les conditions de vie dans les trains
  • Les conditions de vie dans les camps
  • La « solution finale »
  • Le difficile retour des survivants
  • La difficulté d’en parler pour les survivants
  • La difficulté de rendre compte du voyage par les élèves au retour
  • Les réflexions philosophiques ou religieuses

Animations des voyages précédents : 2010 et 2012

Le retour

Pour prolonger la réflexion dans les lycées, pour aller plus loin, pour rassembler des questions d’ordre philosophique ou religieux (le mal, croire en Dieu après Auschwitz, le pardon,…), insister pour que chaque jeune écrive dans le train ses propres réflexions et leur donner l’occasion d’approfondir une fois qu’ils seront rentrés chez eux. L’expérience nous montre que, au-delà d’un silence parfois long, les jeunes ont le désir de parler à leur entourage et qu’ils ont parfois besoin d’être aidés pour cela (réunions avec leurs parents, partage dans les classes de l’établissement).

Mai 2014